PARIS PHOTO 99 / UNE PROMENADE VIRTUELLE…

Pendant quatre jours, Paris Photo 99 réunira au Carrousel du Louvre plus de 80 exposants venus de 15 pays, parmi lesquels les plus importantes galeries américaines, suédoise, japonaise, hongroise et australienne, mais aussi, bien sûr, des galeries françaises, des spécialistes les plus connus depuis les années 1970 aux galeries d’art soutenant peinture et photographie.

Photographie "pure" ou "plasticienne", tirages rares du 19e siècle ou œuvres récentes d’artistes contemporains : en avant-première, cette "promenade virtuelle" vous emmène à la découverte de Paris Photo 99, seule foire entièrement dédiée à la photographie d’art en Europe, conçue pour être pendant quatre jours un espace de rencontres riche en propositions et à taille humaine

 

Paris Photo réunit, pour la troisième année consécutive, les galeries d’Amérique du Nord les plus importantes sur le marché mondial.

Hongrie, Japon, Suède, Hollande, Espagne, Australie... : Paris Photo réaffirme en 1999 sa double vocation de rassemblement rassemblement et de découverte de la photographie internationale.

Paris Photo offre l’occasion de découvrir des œuvres rares ou inédites, tirages anciens parfois uniques ou travaux récents de photographes contemporains.

Paris Photo réunit de grands ensembles qui sont autant d’expositions monographiques, permettant de mieux faire connaissance avec le travail d’un artiste et son évolution.

Une priorité pour Paris Photo : promouvoir l’image contemporaine dans ses aspects les plus récents et les plus novateurs, avec la présence de talents - notamment les plus jeunes - venus du monde entier.

Seule foire européenne consacrée en exclusivité à la photographie, Paris Photo accueille des artistes, galeries et éditeurs pour lesquels la photographie incarne un champ de dialogue avec d’autres formes artistiques (dessin, peinture, cinéma, écriture).

"Mode et photographie" : le thème de Paris Photo 99 est repris sur les cimaises de nombreux exposants. Au-delà de la mise en scène du vêtement, les photographes y trouvent l’occasion d’interroger un système de signes, ses jeux d’images et de pouvoir.

Paris Photo réunit, pour la troisième année consécutive, les galeries d’Amérique du Nord les plus importantes sur le marché mondial.

Edwynn Houk, Jane Corkin, Joshua Mann Pailet (A Gallery for Fine Photography), Howard Greenberg, Howard Schickler, Michael Senft, Robert Miller : les plus grands marchands des Etats-Unis et du Canada participent à Paris Photo, rejoints cette année par les galeries Zabriskie, Kathleen Ewing et Laurence Miller.

Howard Schickler (New York) est l’une des rares galeries spécialistes de l’astronomie et de la photographie spatiale. Au côté d’un bel ensemble de l’avant-garde européenne (Alexander Rodtchenko, El Lissitzky, Yevgeni Khaldei, Moholy-Nagy, Max Alpert), la galerie dévoilera les images mythiques des missions spatiales Mercury, Gemini et Apollo (1961-1973) : il y a précisément trente ans, le 20 juillet 1969, Neil Armstrong foulait le sol lunaire, marquant une étape décisive dans l’histoire du monde et de l’humanité (épreuve originale, 20 x 25 cm).

Autour du thème "La Femme", la galerie Kathleen Ewing (New York) organise une vaste exposition de photographies anciennes, modernes et contemporaines, centrées en particulier sur l’élégance et le pouvoir au féminin. En regard de ce thème, de grands classiques vintage seront réunis dans l’espace de la galerie, qui montrera entre autres photographes A. Aubrey Bodine, Esther Bubley, John Dugdale, Carl Austin Hyatt, Willy Ronis, Dana Salvo, Eileen Tourmanoff, Claudio Vasquez.

Helen Levitt, née en 1913, s’attache depuis les années 30 à saisir la poésie de la vie urbaine. La galerie Laurence Miller (New York) a choisi de confronter ses images d’enfants et de la rue new-yorkaise à différents paysages : les visions d’inspiration magrittienne d’un Jerry Uelsmann (Floating Nude, Sky Box, Sky Ceiling), qui invente ses images à partir de six à huit négatifs ; la Chine éternelle de Lois Conner, dont les tirages au platine atteignent une remarquable précision picturale. Quant à Virginia Beahan et Laura McPhee, leur regard invite à envisager l’Islande sous l’angle d’un Eden menacé de dégradation (The Blue Lagoon, 1988).

En regard des "Distorsions" d’André Kertész et des images de mode de Sarah Moon, la galerie Jane Corkin (Toronto) présente une artiste prometteuse : Lori Newdick, née en 1968 au Canada. Prenant au pied de la lettre le mot de la féministe française Hélène Cixous : "La femme doit s’écrire elle-même", Lori Newdick explore dans ses récents travaux intitulés "Heroine" la question de l’identité féminine, les préjugés afférents aux lesbiennes et à toutes celles en marge des courants dominants. De construction tripartite, ses œuvres associent des couvertures de livres des années 50 (Queer Affair, We Walk through Lesbos’ Groves), l’icône d’une cravate et des autoportraits en noir et blanc.

Sally Mann, Lynn Davis, Abelardo Morell, Tina Barney, Cindy Sherman, Richard Misrach, Robert ParkeHarrison, Bill Jacobson, Vik Muniz.... : choisi par la galerie Edwynn Houk (New York), le thème "Contemporary America" donnera lieu à une exceptionnelle présentation de la photographie américaine actuelle, sans doute la plus importante en Europe de ces dernières années. Bill Jacobson, fils spirituel de Whitman dont il illustra les poèmes, révélera sa méditation sur l’impermanence de l’univers, tandis que Robert Misrach, célébré pour son exploration depuis vingt ans du désert américain, dévoilera ses images récentes du Golden Gate Bridge (San Francisco). A ses côtés, l’Afrique envisagée par Lynn Davis et les paysages récents de Sally Mann - images lyriques du Mississippi et de Louisiane hantées par la mémoire des lieux.

Edwynn Houk accordera aussi une large place à Vik Muniz, l’un des photographes les plus jeunes à avoir exposé au MoMA et au Metropolitan Museum de New York. Son œuvre subversive s’attaque brillamment aux principes établis de la photographie. La galerie montrera des images encore inédites de la série "Pictures of chocolate", en avant-première de la rétrospective que lui consacre à Paris le Centre National de la Photographie à partir du 24 novembre 1999.

 

 

Hongrie, Japon, Suède, Hollande, Espagne, Australie... : Paris Photo réaffirme en 1999 sa double vocation de rassemblement et de découverte de la photographie internationale.

Picture Photo Space est l’une des galeries phares de la photographie au Japon. Masato Aino, son directeur, a choisi cette année de confronter les portraits en noir et blanc de Takashi Nakagawa (série "Boy", 1991-1999) et de Hiroshi Osaka (série "Vénus", 1991-1999). Ophélie contemporaine, la Vénus de Hiroshi Osaka n’est autre que son épouse, qu’il photographie en noir et blanc sur polaroid grand format. A ses côtés, les compositions épurées de Shoji Ueda (série "Illusion", 1987-1995), où l’on retrouve tous les éléments dont la magie l’a rendu célèbre : composition graphique à partir d’accessoires (plume, chapeau, fleur...), absence de repères spatiaux, intensité des contrastes de couleurs.

Installée en 1996 à Prague, la galerie Vintage est spécialiste de la photographie hongroise moderne et contemporaine. Pour sa première participation à Paris Photo, la galerie organise une exposition thématique : "Photographie et modernisme hongrois, 1919-1939", comprenant des épreuves vintage par Imre Kinszki, Kardy Escher, Marta Aczél, Klara Langer, Istvan Kerny et Denes Rohai. Pour la deuxième année, la galerie Byron Mapp (Sydney) invite le public à la rencontre de la photographie australienne. David Moore, Philip Quirk, Henry Talbot, Lewis Morley, Jeff Carter... : la plus importante galerie d’Australie consacrée exclusivement à la photographie montrera les figures marquantes comme les artistes prometteurs de son pays, tandis que la galerie Zinc (Stockholm) initiera une nouvelle approche de la photographie scandinave avec de grands monochromes par Jan Hietala (Suède) et Ola Kolehmainen (Finlande), aux côtés d’artistes internationaux tels Jean-Marc Spaans, Helen Sear, Bill Jacobson et Shimon Attie.

La photographie hollandaise à l’honneur chez Van Zoetendaal Collections (Amsterdam) et auprès des galeries Flatland (Utrecht) et Pennings (Eindhoven). Chacune présentera un éventail très diversifié d’artistes contemporains de leur pays. Ainsi, Gerco de Ruijter (galerie Flatland), qui réalise des photographies de paysages, son appareil attaché à un cerf-volant. Vu de haut, sans horizon ni perspective, le monde apparaît sous la forme de motifs géométriques à l’image d’un tableau abstrait - une impression visuelle encore accentuée par le format très réduit des photographies (15 x 15 cm). Harry Pennings montrera le travail de Ton Huibers et Phoebe Maas, tandis que Willem Van Zoetendaal, directeur du département Photographie de la Gerrit Rietveld Academy à Amsterdam, présentera les portraits de Céline van Balen, à laquelle le Rijksmuseum vient de consacrer une importante exposition personnelle.

Pour sa première participation à Paris Photo, la galerie Kowasa (Madrid) offrira un large regard sur la photographie en Espagne. Photographe privilégié d’Isabelle II, l’anglais Charles Clifford demeure l’un des très grands photographes de l’Espagne du 19e siècle (Voyage en Espagne, 1858). Ses images d’architecture côtoieront celles de Marti Llorens, lauréat de l’European Photographic Award (1991, Berlin), dont l’œuvre s’attache aux transformations urbanistiques - en particulier celle de Barcelone. A ses côtés, Pere Catala Pic et Emili Godés, spécialistes de la photographie publicitaire depuis les années 30 ; Agusti Centelles, témoin de la guerre civile espagnole (Camp de concentration de Bram, 1939), condamné en 1947 à douze ans de prison avec sursis par les autorités franquistes. Dans le domaine contemporain, Kowasa montrera les artistes qu’elle représente tels Ramon David, Ana Malagrida, Eduardo Cortils et Rafael Navarro, fondateur avec Joan Fontcuberta du groupe Alabern à Barcelone en 1977.

La galerie Juana de Aizpuru défend depuis 1970 à Séville, et 1983 à Madrid, les tendances artistiques internationales de l’art, y compris la photographie dont elle est en Espagne l’un des pionniers. Aux côtés de Rafael Agrenado et Federico Guzman, Juana de Aizpuru montrera les portraits en noir et blanc de Alberto Garcia Alix (séries de 1989 et 1994) et Andres Serrano (Klansman, 1994, Head et The Mime, série "A History of Sex", 1996). Regards critiques sur l’univers de la mode, Ana Laura Alaez et ses portraits hyperréalistes, le français Pierre Gonnord (séries "Studio" et "Interiors", 1999) et Rogelio Lopez Cuenca, qui associe à ses photographies la peinture à l’huile (Kerastase, 1994, Fourrures et manteaux, 1991-1995).

Depuis 1977, la galerie Diferença s’affirme comme un élément essentiel de la sphère culturelle portugaise. Cette année, la galerie présente à Paris Photo douze photographes de son pays, dont la plupart ont choisi le noir et blanc. Clara Azevedo, qui s’est distinguée par son travail sur la communauté portugaise en Nouvelle-Angleterre, dévoilera un projet réalisé avec Lucia Vasconcelos sur les thermes portugais, depuis les traces de leur passé jusqu’à leur utilisation de nos jours. Autres traces, autres histoires : celle d’un vêtement à l’abandon par Anibal Lemos, ou par José Paulo Ferro, celle d’un cadavre d’animal, évocation factuelle de la disparition du vivant. Nombre de travaux ont donné lieu à des publications, tels ceux de Renato Roque (Renato in Littlespotland, roman et photographie, 1997) et Fernando Curado Matos, assistant du cinéaste Ernesto de Sousa et membre fondateur du Groupe Iris (Rostros de Pedra - Visages de pierre ; Margem da Ausencia - La Marge de l’Absence).

 

 

Paris Photo offre l’occasion de découvrir des œuvres rares ou inédites, tirages anciens parfois uniques ou travaux récents de photographes contemporains.

La photographie très ancienne à l’honneur par deux galeries parisiennes spécialistes. Sur ses cimaises, la galerie Hypnos montrera Eugène Atget (Portrait, 1900), Désiré Charnay (Mitla : intérieur de la maison du curé, 1859) et Gustave Le Gray (Panorama et Le camp de Châlons, 1857), tandis que A l’image du Grenier sur l’Eau dévoilera les sculptures du Parthénon vues par Adolphe Braun dans les années 1860. Ce dernier est l’auteur d’une vaste campagne d’archivage comprenant les plus importantes collections privées et publiques d’Europe (Musée du Louvre, British Museum, Offices de Florence et du Vatican, etc.). Outre leur intérêt artistique ces images sont autant de "pièces à conviction" dans la controverse qui oppose, depuis 1982, la Grèce et la Grande-Bretagne au sujet des frises du Parthénon.

Spécialiste de la photographie vintage des 19e et 20e siècles, la galerie suisse Zur Stockeregg fêtera ses vingt ans d’existence à Paris Photo. A cette occasion, Claudia Coellen et Kaspar Fleischmann consacrent leur espace à la présentation de quarante-quatre chefs-d’œuvres de l’art photographique de 1900 à 1950, réunis sous un titre emblématique : "Essence". St-Cloud par Eugène Atget (1922), San Francisco Waterfront par Dorothea Lange (1934), Child’s Grave par Walker Evans (1936), Long Island par Robert Frank (1954) : chacun des tirages d’époque est une pièce maîtresse dans l’œuvre des plus grands photographes. Et chacun est l’expression particulière de l’art photographique à son point de perfection. Le livre "Essence", consacré à cette exposition, sera disponible sur place au moment de Paris Photo.

En 1998, l’ensemble inédit de photographies espagnoles réuni par Csaba Morocz (Paris) avait remporté un vif succès à Paris Photo. Sur le thème de l’Europe Centrale des années 30, le marchand français présente cette année des tirages originaux d’André Kertész, Brassaï, Martin Munkacsi, ainsi que des photomontages politiques de l’époque de Weimar par Alex Keil, un proche de John Heartfield. Pour la galerie 1900-2000 (Paris), David et Marcel Fleiss exposeront des photographies surréalistes des années 20, 30 et 40 (Man Ray, Claude Cahun, Dora Maar...), très présentes dans leur fonds, aux côtés de Lionel Bayoul-Themines, Denise Bollon, Leo Dohmen, Raoul Ubac, Paul Wolff, Germaine Krull et Pierre Molinier. Par Annie Leibovitz, un ensemble de tirages aux sels d’argent, annotés pour certains de messages personnels : John Lennon et Yoko Ono, Portrait d’Helmut Newton, Portrait de Mick Jagger (1980).

Photographic Art Consulting (Cologne) est le représentant exclusif de Gustav Klucis, El Lissitzky et Heinz Hajek-Halke. Priska Pasquer, sa directrice, a choisi de montrer des photomontages vintage par ces trois artistes qui partagent un même souci de l’expérimentation. Gustav Klucis (1896-1944) et El Lissitzky (1890-1941) sont deux figures majeures du constructivisme soviétique. La galerie présentera deux œuvres d’exception : Dynamic City (1919), par Gustav Klucis, le photocollage le plus ancien connu en Union Soviétique ; et par El Lissitzky, Constructor (photocollage et photomontage, ca. 1924), une image considérée comme l’une des plus complexes de la photographie moderne.

Les galeristes Agathe Gaillard et Françoise et Alain Paviot (Paris), spécialistes reconnus de la photographie depuis les années 1970, exposeront des artistes très présents dans leurs fonds. Ainsi chez Agathe Gaillard, la mexicaine Alejandra Figueroa et le français Jérôme Soret, nés fin des années 60, côtoieront des maîtres plus anciens tels Henri Cartier-Bresson (Alicante, Séville, Madrid, 1933), Manuel Alvarez-Bravo, Marc Ribout, Toni Catany, Edouard Boubat (récemment disparu), Harold Edgerton, inventeur du stroboscope et de la photographie de l’infiniment petit, ou encore la photographe de mode Louise Dahl-Wolfe. Françoise et Alain Paviot offriront, quant à eux, un large regard sur l’histoire de la photographie autour d’un panorama rassemblant vingt-cinq artistes - entre autres : Harry Callahan, Robert Doisneau, Edward Guigley, André Kertész, Charles Nègre, Maurice Tabard, Wols et René Zuber.

Pour sa première participation à Paris Photo, la galerie belge Xavier Hufkens (Bruxelles) a choisi de présenter la série extensive de polaroids récents de Bruce Weber, en même temps qu’Adam Fuss (photogrammes couleur), Didier Vermeiren, James Welling et Stephen Wilks. Cinéaste, réalisateur de clip-vidéos (Chris Isaak, The Pet Shop Boys) et auteur de films publicitaires pour les plus grandes marques (Jil Sander, Calvin Klein, Ralph Lauren, Gianni Versace), Bruce Weber n’a plus été montré en France depuis de longues années.

A l’occasion de la parution d’Histoire d’œufs à travers 300 photographies de 1900 à nos jours, de Michèle Auer, aux éditions Ides et Calendes, la galerie Marion Meyer (Paris) dévoile trente-cinq images autour du thème de l’œuf, objet depuis la nuit des temps de toutes les interrogations et de tous les mystères. A l’instar des philosophes, sculpteurs, architectes ou écrivains, peu de photographes ont échappé à son attrait. Cette exposition en donnera un large aperçu esthétique, de Nadar à Martin Parr, de Man Ray à Andy Warhol, en passant par Brancusi, Josef Sudek, Jean-Loup Sieff et Joel-Peter Witkin.

 

Paris Photo réunit de grands ensembles qui sont autant d’expositions monographiques, permettant de mieux faire connaissance avec le travail d’un artiste et son évolution.

Sur le thème "City Life", Michael Hoppen Photography (Londres) se propose de célébrer Paris et la photographie. Une grande partie du stand sera réservée à Robert Doisneau, aux côtés de Willy Ronis, Gordon Parks, Pal Funk Angel, Ernst Haas et Colin Jones, avec en particulier la présentation exceptionnelle des photographies vintage de la série "Le Regard Oblique". C’est en 1949 que Doisneau, qui connaît un certain succès avec ses "photos-romans" (Life, Picture Post, Point de Vue), décide de réaliser cette série. Son ami galeriste Romi vient d’acquérir un "Nu" de Wagner, et l’exposition de la toile dans la vitrine - un geste alors courageux - ne manque pas d’attirer l’attention dans la rue de Seine. Amusé par les réactions contrastées des passants, Doisneau, son Rolleilflex sur le genou, réalise à leur insu une douzaine de photographies en l’espace de deux à trois heures. La série - qualifiée de "comique terrestre" par l’artiste - est publiée à l’époque par le magazine Point de Vue.

Arnold Newman est une légende dans l’histoire de la photographie. Né en 1918, le photographe new-yorkais a révolutionné le genre du portrait en substituant à la tradition classique, dérivée de la peinture, une approche symbolique qui rend compte de la personnalité du modèle. Dans ses portraits, l’environnement n’est jamais envisagé comme un simple décor. "Je ne prends pas une photographie, explique Newman, je la construis, en cherchant ces éléments graphiques qui exprimeront le dénominateur commun du sujet tel que je l’envisage à l’intérieur des limites d’une seule image". Si chacun connaît de lui son portrait de Pietr Mondrian, c’est un large éventail de son œuvre que la galerie allemande Rudolf Kicken (Cologne) nous invite à découvrir.

Depuis 1996, Florence Chevallier, Prix Niépce 1998, explore le couple et "l’enfance de l’humanité" à travers une œuvre en trois couplets : "l’Enchantement". La galerie Les Filles du Calvaire (Paris) présentera l’intégralité de cette série, comportant 31 œuvres. Des lieux paisibles, une lumière et des couleurs magnifiques : les tableaux de Florence Chevallier, d’une évidente beauté plastique, évoquent souvent les scènes idylliques d’un Jardin d’Eden. Grâce à l’invention d’une forme nouvelle, éminemment narrative, la photographe française a ouvert à ses personnages de "l’Enchantement" plusieurs avenirs possibles. Ces histoires en cours, notre regard est invité à les reconstruire, en glissant d’une image à l’aute comme dans un film.

Une exposition personnelle de Horst P. Horst, proposée cette année par la galerie londonnienne Hamiltons. Coco Chanel, Marlène Dietrich, Gertrude Stein, Visconti, Ginger Rogers, Warhol, Mick Jagger, Calvin Klein.... : l’ensemble de ces portraits (tous des épreuves vintage) invite à un voyage à travers le siècle, dont Horst immortalisa avec élégance les personnalités les plus marquantes (mode, arts, littérature, cinéma). Raffinement néo-classique, théâtralité des clairs-obscurs : le photographe américain, né en Allemagne, a marqué de son empreinte le magazine Vogue dont il dirige les studios parisiens à partir de 1935. Son œuvre The Mainbocher Corset (1939), d’une mélancolie teintée d’érotisme, demeure l’une des photographies phares du vingtième siècle.

Ton Peek (Utrecht, Pays-Bas) consacrera une majeure partie de son stand à Lionel Wendt (1900-1944) avec une quarantaine d’épreuves vintage aux sels d’argent de 1936-1944, pour la plupart des portraits-collages d’hommes de Ceylan. Proche de George Platt-Lynes sur le plan artistique, Lionel Wendt quitta rarement l’île de Ceylan, à l’époque possession hollandaise. Pianiste, il appartenait à un cercle d’artistes connus sous le nom de "groupe des 43", aux côtés d’Audrey Collette et du peintre George Keyt. En regard de cet œuvre, Ton Peek montrera le photographe hollandais Aernout Overbeeke, avec une douzaine de paysages récents des Etats-Unis, ainsi que de grands tirages albuminés par Adolphe Braun ("Fleurs photographiées", années 1850).

Autour du thème "La Nature morte", la galerie Baudoin Lebon (Paris) organise une exposition centrée principalement sur les récentes "Vanités" de Joel-Peter Witkin et les photographies de fleurs réalisées par Robert Mapplethorpe à la fin de sa vie (Orchid, 1986 ; Flower arrangement, tirage aux sels d’argent, 1984). Scènes allégoriques, mythologiques ou inspirées de l’histoire de l’art, les images hallucinées de Joel-Peter Witkin font l’objet d’une préparation très soignée. Dans le huis-clos de son studio, décors peints et accessoires concourent à faire de ses personnages (êtres difformes ou malades, phénomènes de foire) des icônes transfigurées sur le mode du Sacré. Les cadavres humains et d’animaux composent depuis 1990 un motif essentiel de ces Vanités, à l’image de cette vision récente d’un pied crucifié (Still-life with mirror, 1998).

La galerie Frank (Paris) présente Ariane Lopez-Huici. Après les temples de Laksmana en Inde et les chefs-d’œuvres du Bernin en Italie, la photographe a choisi de fixer l’expérience d’une situation vivante : c’est en 1994-95 la série "Aviva de Manhattan", où une Vénus corpulente met en scène sa nudité avec majesté et assurance. Informé par la sculpture, l’ars erotica d’Ariane Lopez-Huici réussit à célébrer l’être corporel dans son indépendance, loin des artifices de la tentation esthétisante. Autre photographe contemporaine : l’américaine Connie Imboden, à laquelle Esther Woerdehoff (Paris) consacre une rétrospective accompagnée de ses œuvres récentes. Déconcertantes, les images de Connie Imboden ne requièrent aucune manipulation. Tout repose sur un jeu de réflexion, la nuit, dans l’eau noire de sa piscine, où des miroirs éclairés de lumière captent le jeu de fragments amoureux.

Une priorité pour Paris Photo : promouvoir l’image contemporaine dans ses aspects les plus récents et les plus novateurs, avec la présence de talents - notamment les plus jeunes - venus du monde entier.

Prix Niépce 1999, Philippe Bazin photographie les visages de ses contemporains en relation avec une structure d’encadrement telle que Michel Foucault a pu en parler dans son œuvre. Hôpital, école, nurserie : dans un jeu de tension avec l’institution, la photographie est l’occasion de restituer à chaque individu son altérité et sa plus extrême singularité - ainsi, en 1993-1995, la série "Adolescents", qui s’attachait à une centaine de collégiens de Calais. Point d’orgue de ce projet : les visages des nouveaux-nés d’une maternité de Maubeuge (1998), présentés pour la première fois à Paris par la galerie Anne Barrault (Paris). Autour d’une lecture photographique consacrée au portrait, Anne Barrault réunira Bill Jacobson (série "Interim portrait"), Eric Nehr (série "Portrait pluriel"), et Anne Deguelle, qui explore les effets de miroir, d’identité et de (non) coïncidence de soi à soi dans ses "doubles portraits" d’artistes encore enfants (Portrait double, Marcel Proust, 1998).

Les photographies de Elger Esser (1967, Stuttgart) semblent provenir d’une époque lointaine, depuis longtemps révolue. Sans nostalgie, mais dans l’idée d’une filiation à l’histoire de l’art et de la peinture, cet ancien élève de Bernd Becher invente des paysages grand format, à la limite du tableau et de la photographie. Elégantes et lyriques, ces œuvres seront présentées par la galerie 213, Marion de Beaupré (Paris) aux côtés de "Quatre Jeunes Femme Photographes" : Marcy Robinson (Etats-Unis), Vanina Sorrenti (Italie), Isabelle Truniger (Suisse) et Camille Vivier (France), réunies par Marion de Beaupré pour leur "don à traverser les apparences".

Pour The Photographers’ Gallery (Londres), Elizabeth Smith a choisi trois artistes femmes : Annelies Strba (Suisse), qui photographie depuis vingt ans sa famille "comme on écrit un journal intime", Kate Belton et Carey Young. Montrée cette année dans le cadre du Whitechapel Open de Londres, Kate Belton (1972, Grande-Bretagne) utilise papier, carton, colle et peinture pour réaliser des espaces miniatures - bureau, salon, atelier d’artiste - aux limites de la réalité et de la fiction. Vol ou scène de ménage, chacun de ces intérieurs semble avoir été visité par un vent de folie, en contraste avec la surface impeccable des photographies cibachromes montées sur aluminium. Carey Young, née en 1970 en Zambie, dit mener une investigation sur le monde de la communication actuelle. Ses moyens : vidéo, photographie et média mixtes réalisés en collaboration avec des écrivains de science-fiction et des spécialistes informatiques. Son approche des câbles en fibre optique (série "Wired", 1997-1998) révèle la "vie secrète" des transmissions électroniques, entre peinture moderne et étude biologique.

La série "Intime Infini" de Jean-Baptiste Huynh avait donné lieu, en 1998, à la publication d’un ouvrage éponyme aux éditions Actes Sud. Le photographe français, lauréat de la Villa Médicis hors les murs (1997), présentera pour la première fois ses œuvres récentes : des photographies de fleurs et de feuilles, tirées en cibachrome et montées sur aluminium, où le travail de la couleur comme texture confère à l’image une plasticité étonnante. Auprès de lui, la galerie Claude Samuel (Paris) montrera les derniers travaux de Laurence Leblanc, qui met en scène les premières expérimentations de l’enfant avec le monde, et les saynètes tendrement cruelles d’Anna M. van Thiel de Vries.

Dans le cadre de son exposition "Contemporary America", la galerie Edwynn Houk (New York) présente Robert ParkeHarrison (1968, Etats-Unis). Diplômé du prestigieux département photo de l’Université de New Mexico, ParkeHarrison est déjà considéré comme l’un des photographes les plus prometteurs de sa génération. Ses images, fruits de complexes manipulations techniques, ont pour sujet d’étranges machines fabriquées de manière artisanale et actionnées par l’artiste lui-même, lequel apparaît sous la forme d’un dandy fin de siècle, en costume rayé et manchettes. Un humour pince-sans-rire à la Buster Keaton habite cet œuvre énigmatique, dont l’aspect riche et travaillé évoque en même temps l’esthétique pictorialiste.

Depuis dix ans, la galerie Fovéa (Marseille, France) s’attache à promouvoir la photographie - notamment celle d’Europe du Sud - à travers publications et expositions à Paris, en région et à l’étranger. Pour cette première participation à Paris Photo, la galerie exposera six artistes. Bruno Cattani (Italie) investit les musées et autres espaces voués au regard pour révéler, en abyme, le "sens de la visite" ; Pilar Albajar & Antonio Altarriba (Espagne) manient la polémique dans des images légendées, et transformées par la technologie numérique. Après les panoramiques de la série "Faux-Semblants", Christian Ramade invite quant à lui à la découverte d’un lieu mythique : l’Hôtel Nord Pinus, en Arles, avant sa restauration.

 

Seule foire européenne consacrée en exclusivité à la photographie, Paris Photo accueille des artistes, galeries et éditeurs pour lesquels la photographie incarne un champ de dialogue avec d’autres formes artistiques (dessin, peinture, cinéma, écriture).

Lors de Paris Photo 98, un spectaculaire fichier anthropométrique avait créé l’événement, nombre de musées américains se disputant cette œuvre inédite. Serge Plantureux (Paris) récidive cette année avec Raoul Haussmann. Oberdada, danseur, chanteur, poète sonore, photomonteur, l’artiste français avait coutume d’affirmer : "Je suis un peintre abstrait, je ne suis pas photographe". Parmi ses œuvres, Le Démon Sylvestre (1932), photographie d’une racine d’arbre - véritable sculpture naturelle - dont le fond est peint à l’encre de chine.

Depuis 1984, la Galerie du Jour agnès b. (Paris) défend le travail d’une vingtaine de peintres et photographes, tout en inventant de nouvelles façon de mettre les œuvres à la portée de tous (esquisses, pochoirs, sérigraphies, etc.). Dix artistes de la galerie seront présentés à Paris Photo, tels Lucien Hervé, Louis Jammes (série "Tchétchénie") ou Massimo Vitali, dont l’ouvrage Beach and Disco vient de paraître. Au côté des Icons de Kenneth Anger, auteur du film Scorpio Rising (1963) et du célèbre livre Hollywood Babylon, le poète, cinéaste et écrivain Jonas Mekas, qui bénéficia en 1992 d’une rétrospective de ses films au Whitney Museum (New York) et à la galerie nationale du Jeu de Paume (Paris).

Galerie phare d’Amsterdam en art contemporain, Art Affairs a choisi de confronter quatre photographes de renommée internationale : John Hilliard et John Coplans (Grande-Bretagne), Dieter Appelt et Ulay (Allemagne). Peintre, critique d’art, membre fondateur de Artforum (1962), conservateur en chef du Pasadena Art Museum (1967-70), John Coplans poursuit depuis vingt ans un travail dont l’unique protagoniste est son propre corps. Sans faux-semblants, ses photographies enregistrent le passage du temps et de la vie, témoignant d’une vérité sur la condition humaine inaccessible aux canons de l’esthétique classique.

"Corps habillés", "Vêtement", "Têtes" et "Corps vus de dessous" : pour Patrick Tosani, le cadrage décide d’une vision du corps d’autant plus dense qu’elle est fragmentée, isolante et isolée. "Je focalise mon regard non pour ignorer la réalité mais au contraire l’analyser", explique l’artiste, présenté à Paris Photo par Liliane et Michel Durand-Dessert (Paris). Auprès de lui, quatre artistes : John Hilliard, George Rousse, Balthasar Burkhard et William Wegman, dont les polaroids "cynophiles", aujourd’hui présents dans de très nombreuses collections publiques, n’en finissent pas de tourner en dérision le genre psychologique du portrait. 

Livres d’art et livres d’artistes : cette année, ce sont huit éditeurs et libraires français et internationaux qui feront partager au public leur passion. Autour d’un grand libraire spécialiste de la photographie - La chambre claire (France) -, J. A. Vloemans et L. van Paddenburgh (Pays-Bas), Rocket (Grande-Bretagne) et Dino Simonett (Suisse) proposeront des livres de photographes. Jean-Loup Couturier pour Temps de Pose (France) a sélectionné une centaine d’ouvrages, parmi lesquels Paris de Nuit de Brassaï, London et New York de Coburn, Métal de Germaine Krull, The Bike Riders de Danny Lyon. Patrick Le Bescout pour Filigranes Editions (Paris) montrera l’ensemble de ses titres, ainsi que des œuvres en rapport avec des parutions récentes : Outreloin bleu d’Arièle Bonzon, Mes bonnes résolutions de Gilbert Garcin, Le livre rouge de Joan Fontcuberta.

Pour Coromandel Express (France/Etats-Unis), Grégory Leroy et Alexis Fabry présentent six livres d’artistes qui sont autant d’objets de collection. Chacun associe au texte d’un grand écrivain le travail original d’un photographe contemporain : Christer Strömholm et Yves Martin, Mario Testino et Martin Amis, Mary Ellen Clark et Anita Desai. Ainsi pour le livre Flowers, Vik Muniz a conçu le fac-similé d’un herbier du 18e siècle, à partir de photographies de fleurs artificielles provenant de sa collection personnelle. Lynne Tillman, critique d’art et poétesse, y commente avec humour le jeu de l’artiste brésilien.

Parmi les artistes qui associent photographie et autres disciplines artistiques, Jan Saudek, exposé par Johannes Faber (Vienne), spécialiste de la photographie tchèque et autrichienne, aux côtés de Panoramas des années 50 et 60 par Josef Sudek (1896-1976). Artiste "malpoli", Saudek invente depuis trente ans une œuvre innocente et indécente, dont la galerie Krisal (Genève) montrera les derniers travaux inédits. Au côté des "femmes urbaines" de Lin Delpierre, la galerie Zéro, l’Infini (Besançon, France) présente la photographe, peintre et poète Cozette de Charmoy. Assemblages, collages et mises en scène dessinent dans son travail "Mémoire in progress" des allégories ensuite photographiées par l’artiste. Les racines de ces œuvres sont à rechercher dans son premier livre, The True life of Sweeney Todd, exposé dernièrement au sein de la galerie Colbert (Bibliothèque nationale de France).

 "Mode et photographie" : le thème de Paris Photo 99 est repris sur les cimaises de nombreux exposants. Au-delà de la mise en scène du vêtement, les photographes y trouvent l’occasion d’interroger un système de signes, ses jeux d’images et de pouvoir.

La mode n’a pas échappé au regard percutant de William Klein, cet "ogre qui bouffe avec les yeux" (Alain Bergala). En témoignent son documentaire Mode in France, ou encore l’excellent Qui êtes-vous Polly Magoo ? Alors que paraît en France son livre New York (1956), Klein l’iconoclaste contourne l’esthétique d’un genre encore figé et choisit, comme le montre Le Reverbère 2 (Lyon, France), de confronter à la rue, à la foule et aux lumières de la ville les créations de Dior, Saint Laurent, Grès.

La photographe américaine Louise Dahl-Wolfe (1895-1989) présentée par Agathe Gaillard (Paris). D’abord étudiante en peinture, Louise Dahl-Wolfe ouvre en 1933 son propre studio photo à New York. Pendant plus de vingt ans, elle collabore très activement avec Harper’s Bazaar, dont la rédaction lui donne carte blanche. Associant élégance et décontraction, ses compositions très maîtrisées imposent une image naturellement sublimée de la femme américaine - préfigurant ainsi l’œuvre de Irving Penn et de Richard Avedon.

Albert Watson, né en 1942 en Ecosse, est aujourd’hui l’un des photographes de mode parmi les plus recherchés. Outres ses 250 couvertures pour Condé Nast, Watson a signé les campagnes publicitaires des plus grandes marques de vêtements et de cosmétiques, telles Gap, Estée Lauder, Emporio Armani, Levi’s, Revlon, Chanel, L’Oréal. La galerie Rudolf Kicken (Cologne) expose ses photographies de mode (Charlotte, Prada Blouse, 1986) au côté de celles de Helmut Newton (Night at the Trocadéro, 1981, édition française de Vogue).

De l’autre côté du miroir, le monde de David LaChapelle, où se côtoient en couleurs acidulées les icônes de la culture contemporaine : chanteurs de rock, top-models et autres stars hollywoodiennes. A contre-courant d’une certaine photographie de mode misérabiliste, l’ancien collaborateur de Warhol à Interview invente sur les cimaises de la galerie Kamel Mennour (Paris) une réalité virtuelle résolument enthousiaste et irrévérencieuse, qui porte la transgression jusqu’à la parodie d’elle-même.

Dans un style narratif évocateur des films noirs, Struan s’est imposé dans le monde de la mode comme un photographe et un réalisateur d’exception. Wonderbra, Elizabeth Arden, mais aussi Pepsi Cola et Club Med ont fait appel à son sens de la beauté et de l’éclairage. Struan, seul photographe de mode présent dans les Archives Nationales du Canada, exposera pour la première fois ses photographies en Europe à Paris, sur le stand de la galerie Krisal (Genève).

"Claudia", "Christy T." : maquillées, vêtues et dévêtues à la façon de leurs célèbres homonymes, les pin-ups du photographe Erwin Olaf (galerie Flatland, Pays-Bas) affichent la même assurance que les plus grands top-models. A la différence que ces douze hommes et femmes se distinguent par leur âge très avancé. Sans provocation ni complaisance, Erwin Olaf réussit à rendre justice à ses modèles tout en confrontant le regard à un tabou majeur de la société occidentale : la vieillesse et son (impossible) exhibition.

Les photographies de Sarah Moon, née en 1941 à Paris, ont empli de leur mystère les pages de nombreux magazines. Ses travaux les plus récents, en couleurs et grand format (74 x 57 cm), seront dévoilés par la galerie Jane Corkin (Toronto). Attachée à la mémoire du vêtement plus qu’au vêtement lui-même, Sarah Moon y envisage les créations de Yohji Yamamoto, Gaultier ou Chanel sous la forme de silhouettes évanescentes, baignées d’une lumière ambrée, turquoise ou lie-de-vin.

Elaine Constantine est en Grande-Bretagne l’étoile montante de la photographie de mode. Depuis 1993, date où elle quitte Nick Knight pour débuter sa carrière, elle développe un style dynamique et positif, souvent exhubérant et très coloré (The Face, Arena, Homme Plus magazine) qui présage d’une nouvelle tendance photographique. La galerie 213, Marion de Beaupré (Paris) présentera ses travaux aux côtés de ceux de Camille Vivier, premier prix Photo du XIIe Festival des Arts de la Mode (Hyères, France, 1997) et collaboratrice des magazines Purple et Harper’s Bazaar Etats-Unis.

L’on ne présente plus Cindy Sherman, dont la rétrospective sera visible à Toronto jusqu’en janvier 2000, après Los Angeles, Sydney et Bordeaux. Ancrées dans l’art conceptuel, ses métamorphoses sont depuis les années 1970 l’occasion d’interroger l’idée de représentation et de mettre en scène ses propres drames. Si l’artiste aborde l’univers de la mode, c’est donc toujours à travers le prisme de problématiques cruciales : identité sexuelle, violence, stéréotypes. Les images de l’actrice aux mille visages seront montrées par la galerie Edwynn Houk, depuis la femme des années 50 jusqu’à l’inquiétante poupée de ses récents tableaux surréalistes.