PARIS PHOTO 99 / EXPOSITION AU CARROUSEL DU LOUVRE

A l’invitation de Paris Photo 99, la Maison Européenne de la Photographie (Paris) présente une sélection d’œuvres de sa collection sur le thème “Mode et Photographie”.

Située dans le Marais, au coeurs historique de la capitale française, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) est un édifice d’un type nouveau créé à l’initiative de la Mairie de Paris et voué à la photographie contemporaine. A son adresse du 5-7 rue de Fourcy, Paris 4e, la MEP invite à découvrir du 6 octobre 1999 au 9 janvier 2000 la collection de Roger Thérond, directeur général et “œil” du grand hebdomadaire français Paris Match.


“William Klein, Helmut Newton, Irving Penn, David Seidner”
Une exposition de la Maison Européenne de la Photographie


Débutée dans les années 80, la collection de la Maison Européenne de la Photographie rassemble aujourd’hui plus de quinze mille œuvres représentatives de la création photographique internationale, de la fin des années 50 à nos jours. En écho au thème de Paris Photo 99, la MEP a choisi dans sa collection les œuvres de quatre grands photographes significatives de leur regard sur la mode.


William Klein (Photographe américain - New York, 1928)

Né à New York d’une famille d’origine hongroise, William Klein fait toute sa carrière à Paris, où il arrive en 1948. Klein débute par la peinture géométrique abstraite, qu’il expose à Bruxelles et Milan. Très vite, il se tourne vers les techniques photographiques et de retour à New York, réalise en quelques mois un “journal de bord” photographique (1956). Implacable pour l’Amérique - il faut attendre 1980 pour que les Etats-Unis rendent hommage à son auteur - New York obtient le prix Nadar et séduit Fellini, qui emmène Klein en Italie. Suivront les albums Rome (1958), Moscou, Tokyo (1964).

Tirages contrastés, clichés bougés, surexposés : Klein photographie dans la rue, à bout portant, et interpelle les passants. Ses images, “aussi incompréhensibles que la vie”, prennent à contre-pied l’imagerie des années 50 et sa prétendue objectivité. Excellent photographe de mode, concepteur de ses propres livres, réalisateur de 250 films publicitaires, Klein se tourne en 1964 vers le cinéma. Parmi ses longs-métrages (Cassius le Grand, 1965, The Little Richard Story, 1980), le remarquable Qui êtes-vous Polly Magoo? (Prix Jean Vigo 1966) qui envisage sur un ton percutant la mode et les médias.

Helmut Newton (Photographe naturalisé australien - Berlin, 1920)

Helmut Newton quitte l’Allemagne en 1938 pour Singapour. Emigré en Australie, il sert dans l’armée (1940-1944), puis ouvre un studio à Melbourne où il travaille en indépendant pour le Vogue australien. En 1957, Newton signe un contrat avec Vogue Grande-Bretagne, avant de s’établir pour vingt ans à Paris. Son style se développe pleinement dans les années 70, dans le cadre de son travail pour l’édition française de Vogue dont il devient l’un des photographes vedettes. En 1971, une crise cardiaque l’amène à devenir très sélectif dans ses commandes.

Photographe attitré de la jet-set internationale, sur laquelle il porte un regard critique et humoristique, Newton met en scène dans sa mode comme dans ses “portraits érotiques” une femme sculpturale et dominatrice, associée à des décors luxueux (White Women, 1976, Sleepless Nights, 1978, Big Nudes, 1981). Newton photographie uniquement les gens qu’il aime, admire ou déteste. Ses images provocantes, qui manifestent de son propre aveu ses obsessions personnelles, lui ont valu une reconnaissance internationale. Le Musée d’art moderne de Paris lui consacre une vaste rétrospective en 1984.

Irving Penn (Photographe américain - Plainfield, 1917)

Designer indépendant à New York, Irving Penn est engagé par le grand magasin Saks pour la création publicitaire (1940-1941). Pendant un an, il séjourne au Mexique, où il peint dans un atelier et photographie les enseignes et graphismes de la ville. Déçu par sa peinture, il détruit toute sa production de l’année et rentre à New York. En 1943, Penn est engagé comme assistant par Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue. C’est dans le cadre de ce magazine qu’il fera toute sa carrière, ponctuée de 65 couvertures et de séries thématiques - essentiellement des portraits d’artistes.

Plasticiens, danseurs, cinéastes, musiciens, architectes, écrivains : Irving Penn photographie chacune des figures marquantes du siècle. En 1950, il réalise la première de ses vint-sept saisons de Haute Couture, et remet à l’honneur dès 1964 le platine-palladium, une technique de tirage aux tons veloutés abandonnée depuis 1900. Avec une sobriété d’un raffinement extrême, Penn envisage les créations de mode (Issey Miyake, 1988), les natures mortes, les mégots de cigarettes (1972), les nus et les sujets ethnographiques - indigènes du Pérou, du Népal et d’Afrique, réunis dans Worlds in a Small Room (1974). Le MoMA (New York) lui consacre une rétrospective en 1984, montrée ensuite à l’étranger et dans tous les Etats-Unis. 

David Seidner (Photographe américain - Los Angeles, 1957-New York, 1999)

David Seidner photographie depuis l’âge de quatorze ans. Il en avait dix-neuf lorsque fut publiée sa première couverture, et vingt-et-un lorsqu’eut lieu la première de ses nombreuses expositions personnelles (Los Angeles Institute of Contemporary Art, 1979). Depuis les années 60, David Seidner collabore avec les plus grands créateurs de mode, en particulier la maison Yves Saint Laurent, avec laquelle il eut pendant deux ans un contrat d’exclusivité. Photographe pour les plus grands magazines, tels Harper’s & Queen et Vogue Italie, David Seidner fut également rédacteur pour le magazine d’art new-yorkais Bomb. Il est décédé à New York en août dernier.

Hautement stylisées, les photographies de David Seidner allient à la perfection technique une composition originale et un sens certain de la poésie. Le photographe ne s’est d’ailleurs jamais restreint au domaine de la mode. Depuis ses premières images fragmentées, inspirées à l’époque par John Cage, jusqu’aux expérimentations avec des miroirs et du verre brisé, c’est son œuvre entière qui s’impose comme travail de référence. Le Musée des Arts de la Mode (Paris) lui consacre, à l’occasion de son ouverture, une exposition pour laquelle il photographies des costumes historiques (1986).
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