Paris Photo, une promenade virtuelle

Pendant quatre jours, Paris Photo 98 réunira au Carrousel du Louvre quelque 85 exposants venus de 15 pays, parmi lesquels les plus importantes galeries américaines, suédoise, japonaise et australienne, mais aussi, bien sûr, des galeries françaises, des spécialistes les plus connus depuis les années 1970 aux galeries d’art soutenant peinture et photographie. Deux institutions, le Centre national de la photographie et la Maison Européenne de la Photographie, organiseront également chacune une exposition. 
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Eric Emo - Galerie Polaris (Paris)

"Pure" ou "plasticienne", la photographie sera ainsi représentée dans la diversité de son histoire et de ses techniques, des tirages rares du 19e siècle aux dernières œuvres des artistes les plus contemporains. Sans prétendre à l’exhaustivité - pari impossible ! - cette "promenade virtuelle" se présente comme un panorama, la visite anticipée d’un salon conçu pour être pendant quatre jours un espace de rencontres, riche en propositions et à taille humaine.

Premier salon européen entièrement dédié à la photographie d’art, Paris Photo compte parmi ses exposants les plus grandes galeries américaines.
Edwynn Houk Gallery, Marian Goodman, Howard Greenberg, Wm. Floyd Gallery, Michael Senft Masterworks, James Danziger, Robert Miller Gallery, Photography : the Platinum Gallery, Howard Schickler, A Gallery for Fine Photography : ces acteurs du marché de l’art sont aussi incontournables que les artistes qu’ils exposent et représentent, d’Alfred Stieglitz à Robert Mapplethorpe, de Edward Steichen à Walker Evans, Robert Frank ou Joel Peter Witkin.
La qualité des œuvres présentées, de même que leur diversité, est à la mesure de leur réputation. Entre autres thèmes abordés, les musiciens de jazz (Wm. Floyd Gallery), la photographie surréaliste des années 20 et 30 (Michael Senft), l’astronomie et la photographie spatiale sur le stand de Howard Schickler, qui présente David Malin, Lewis Rutherfurd et des images de la Nasa… Et proposées par la galerie Robert Miller (New York), deux expositions monographiques consacrées à Diane Arbus et Bruce Weber.

Parmi les photographes américains, Eugene Omar Golbeck (A Gallery for Fine Photography). Auteur d’un cliché-record - 21 765 hommes de la base aérienne de San Antonio regroupés en "insigne vivant" (1947), le photographe de l’impossible a parcouru le monde pendant plus de soixante ans, du Château de Versailles à la Place Rouge, à la recherche de nouvelles perspectives panoramiques. Concernant enfin les artistes contemporains, la dernière série de Josephine Sacabo (A Gallery for Fine Photography), et deux nouveaux artistes présentés par la Galerie Wm. Floyd : Marc Valesella et France Bourély qui utilise dans son travail un microscope électronique.

Pour cette deuxième édition, la vocation internationale de Paris Photo se trouve renforcée par la présence de galeries suédoise, australienne et japonaise.
Installée tout récemment à Stockholm, la Zinc Gallery présente deux photographes finlandais dont le travail, en accord avec la culture scandinave, fait intervenir les éléments. Riitta Päiväläinen, qui joue de l’interaction entre un espace naturel et le vêtement, porteur d’une histoire personnelle ; Jyrki Parantainen, dont le feu est le principal partenaire. Depuis 1994, l’artiste conçoit et réalise des images belles et violentes d’intérieurs en feu, documentant l’ensemble du processus, du quotidien paisible (l’artiste emménage lui-même la pièce) qui précède l’enfer jusqu’au moment silencieux qui suit la destruction.
Dirigée par Sandra Byron et Penny Mapp, Byron Mapp (Sydney) est la plus importante galerie australienne consacrée exclusivement à la photographie. Une grande diversité de photographes australiens sera représentée sur le stand, des figures les plus connues et les plus respectées (Olive Cotton, Max Dupain, David Moore, Philip Quirk, Henry Talbot, Lewis Morley, Jeff Carter…) jusqu’aux jeunes artistes parmi lesquels John Williams, qui, avec ses photomontages d’archives et d’images contemporaines, poursuit depuis les années 80 une odyssée très personnelle traduisant les conséquences de la première guerre mondiale sur la culture australienne.

Méconnue en France et en Europe, la photographie japonaise moderne et contemporaine trouve avec Paris Photo et la présence au salon de Picture Photo Space (Osaka) l’opportunité d’une meilleure diffusion. Eikoh Hosoe, l’un des fondateurs de l’agence Vivo dont les corps nus dépassent l’esthétique de l’érotisme conventionnel ; Daido Moriyama, Shoji Ueda, et aussi Yasuhiro Ishimoto (Galerie Camera Obscura, Paris) dont les derniers travaux - formes évanescentes de nuages, traces de pas dans la neige - évoquent plus directement un regard "oriental", seront présents aux côtés de bien d’autres représentants de la scène japonaise, parmi lesquels Hiroshi Osaka (Picture Photo Space) et Nobuyoshi Araki (Galerie Chantal Crousel, Paris). Enfin, chez Jean-Loup Couturier (Temps de Pose, Paris), de très beaux livres d’artistes japonais, des années1950 à nos jours.

Paris Photo sera l’occasion de découvrir des œuvres rares ou inédites, tirages anciens parfois uniques et travaux récents de photographes contemporains.
L’américain Brett Weston exposera à Paris Photo 98. La galerie suisse Zur Stockeregg révélera en effet des épreuves "vintage" de celui qui - outre le fait d’être le fils d’Edward Weston - a produit avec son appareil grand format une œuvre présente dans de très nombreuses collections, notamment à New York (MoMA), qu’il photographia à plusieurs reprises. Auprès de lui, une trentaine de photographes de la fin du 19e siècle aux années 1940, représentés par des œuvres majeures et excellemment conservées.

Les galeristes Agathe Gaillard et Françoise et Alain Paviot (Paris), spécialistes reconnus de la photographie depuis les années 1970, exposeront des artistes très présents dans leurs fonds. Berenice Abbott, Man Ray et Rogi André côtoieront ainsi chez F + A Paviot des primitifs importants de la photographie, tels Eugène Atget et Charles Nègre (Autoportrait inédit de 1855), ainsi que des artistes contemporains - Anna + Bernhard Blume, Nancy Wilson-Pajic et Anne Mandelbaum. Une même variété esthétique et temporelle chez Agathe Gaillard, qui proposera, aux côtés de grands maîtres (Henri Cartier-Bresson, André Kertész), les œuvres de Alejandra Figueroa et Pierre Reimer.

La Galerie Le réverbère 2 présentera des images de William Klein (originaux de New York et plus rare de Tokyo). Seront également présenté, les travaux de Thierrry Girard sur la "route du Tôkaidô" (1997).

E. van der Elsken (Agathe Gaillard)
Pierre Régnier (Agathe Gaillard)
La photographie orientaliste sur les stands de Hypnos (Paris), galerie consacrée à la photographie de voyage du 19e siècle, et A l’Image du Grenier sur l’eau (Paris).
Authentique incitation au voyage pour Gustave de Beaucorp (Deux femmes marocaines, 1870), l’image orientaliste devient clairement, au tournant du 20e siècle, mise en scène et recherche d’une esthétique savammant composée.
Emile Freitton (A l’Image du Grenier sur l’eau)

Réalisé en 1893-1894 par Alphonse Bertillon, un étonnant fichier anthropométrique réunissant 400 anarchistes du siècle dernier. Couturière, avocat, mécanicien ou... photographe, ces hommes et ces femmes sont parmi les premiers à avoir été fichés par l’identité judiciaire pour délit d’opinion (Serge Plantureux, Paris).
Au côté de tirages argentiques originaux de Lionel Wendt (portraits de Ceylan, 1935-44), la galerie Ton Peek (Utrecht, Pays Bas) propose une très rare série d’épreuves originales d’Edward Muybridge, Animal Locomotions, édition de l’artiste publiée en 1887 par l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis. Sur le stand d’Edwynn Houk (New York), des paysages de l’Amérique profonde de Sally Mann, et surtout un nouvel ensemble de photographies de Lynn Davis en Afrique, comprenant entre autres les ruines de Meroe au Soudan - rarement photographiées, les chutes Victoria au Zimbabwe et le grand temple de Djenne, au Mali.
Lynn Davis (Edwyn Hook Gallery)

Michael Hoppen Photography (Londres) consacrera entièrement son stand à Peter Beard. Un événement très attendu : pour cette exposition personnelle - la première à Paris depuis 1996 (Carnets Africains, Centre national de la photographie) - Peter Beard sera présent en personne à Paris Photo.
Peter Beard (Michaël Hoppen)
A cette occasion, le public découvrira un ensemble extraordinaire de portraits de Turkana et du Hog Ranch, lieu de résidence de l’artiste dans la banlieue de Nairobi, ainsi que des œuvres réalisées à partir de tirages anciens. Ces photographies, tirées de son premier livre, Eyelids of the Morning (1973), ont été utilisées par Peter Beard comme supports et toiles de fond d’un véritable travail plastique qui associe écriture, collage, peinture, et jusqu’au sang des animaux.

A la Galerie 213, Marion de Beaupré (Paris), William Eggleston, "l’inventeur" de la photographie couleur, sera représenté par un certain nombre de tirages originaux "dye transfer" des années 70, très recherchés, qui proviennent de son fameux ouvrage The Guide. Le tirage original Huntsville, Alabama, est le dernier disponible au monde. Quelques tirages très limités en grand format de Elger Esser et des classiques rares de Paolo Roversi - au côté de ses derniers portraits.

La photographie française à l’honneur. Robert Doisneau, une exposition personnelle à la galerie Thierry Marlat (Paris), qui présente une trentaine d’images jamais vues du fonds Robert Giraud. Reporter-journaliste, Robert Giraud est à l’origine pour Doisneau de la découverte du Paris des Halles et du Paris noctambule, dont l’image la plus connue demeure sans doute Mademoiselle Anita, jeune femme photographiée dans les années 50 à la Boule Rouge.

Inédit, un ensemble de polaroïds couleur de Lucien Clergue à la galerie Baudoin Lebon - nus, portraits, paysages, tous ces sujets sont abordés par le photographe de Picasso, par ailleurs fondateur des Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Du côté de la création contemporaine française, un ensemble de quatre grands cibachromes de Stéphane Couturier, qui photographie la Villa de Noailles (Hyères) conçue par Mallet-Stevens dans les années 20 (commande publique du Ministère de la culture et de la communication, Galerie Polaris-Bernard Utudjian, Paris).

De grands ensembles qui constituent autant d’expositions monographiques, permettant de mieux faire connaissance avec le travail d’un artiste et son évolution.
Au côté des paysages récents de Robert Bourdeau, la célèbre galerie Jane Corkin (Toronto) présente André Kertész : une sélection rare de photographies du maître datant des années 20 et 30, dont un ensemble extraordinaire de la série avant-gardiste des Distorsions, entreprise à Paris en 1933 : des nus féminins photographiés par réflexion dans des miroirs déformants, caractéristiques des recherches spatiales du constructivisme représentées par son compatriote hongrois Moholy-Nagy. Egalement, des images célèbres comme Notre Dame at Night et African Sculptures, des autoportraits à partir de 1915 ainsi qu’un choix de photographies surréalistes. Une exposition qui permet d’anticiper sur la rétrospective que la National Gallery (Washington) consacrera à André Kertész, au tournant du millénaire.
David Byrne à la galerie italienne LipanjePuntin (Trieste). Photographe atypique en dépit de ses études au Maryland Institute College of art, David Byrne - réalisateur, scénariste et co-fondateur du groupe Talking Heads (1976-88) - n’a révélé ses travaux au public que récemment. Une de ses dernières installations de la série Super-Ego met en scène quatre cibachromes posés sur des socles lumineux. Leur sujet ? David Byrne, représenté sous les traits de quatre poupées d’humeurs différentes imaginées par Yuji Yoshimoto. Au côté de travaux plus anciens (séries Sacred Objects, Summa Scientiae Mundi), ces fétiches de plastique se trouveront également à Paris Photo…

Gisèle Freund (Nina Beskow)
Christer Strömholm (Nina Beskow)
En 1997, l’exposition Gisèle Freund organisée par Nina Beskow avait remporté un vif succès à Paris Photo, nombre de visiteurs ayant, à cette occasion, découvert celle qui fit les portraits de tant de peintres et d’écrivains. Cette année, une dizaine de tirages en couleurs - dont elle fut une des pionnières dans les années 30 - permettront au public de poursuivre cette découverte, cependant que la galeriste parisienne rendra un hommage consacré cette fois à Christer Strömholm. Lauréat du Hasselblad Award en 1997 pour l’ensemble de son œuvre, le photographe suédois - qui a fêté ses 80 ans en juillet dernier - demeure encore méconnu en France.

Un très bel ensemble de portraits d’artistes également chez Natalie Seroussi (Paris), qui consacre la moitié de son stand à Pierre Boulat, disparu en janvier dernier. Grand reporter à Life Magazine pendant plus de vingt ans, Pierre Boulat saisit dans leur vérité intime Dali, Fernand Léger, Karen Blixen, Juliette Gréco, Gérard Depardieu, Henri Langlois... Des portraits en noir et blanc, à l’exception de celui d’Yves Klein (1961), enveloppé du bleu qui porte son nom.

Enfin, Esther Woerdehoff (Paris) présentera Alberto Garcia-Alix et son regard sur la marginalité la plus dure, tandis que chez Gabrielle Maubrie (Paris), Bill Owens exposera en une trentaine de photographies sa vision du rêve américain. Réalisées pour l’édition de Suburbia (1972), devenu depuis lors livre-culte, des images qui découvrent avec un humour dénué de tout cynisme les faux-semblants de la middle-class californienne, entre kitsch banlieusard et décor de série B. Une œuvre sur le quotidien et la normalité, qui a initié un champ important pour de nombreux artistes.

De toutes nationalités, les jeunes artistes sont présents à Paris Photo, rejoignant l’une des priorités du salon : promouvoir l’image contemporaine dans ses aspects les plus récents et les plus novateurs.
Artiste mexicain vivant à New York, Gabriel Orozco (Galerie Marian Goodman, New York/Paris, Galerie Chantal Crousel, Paris) envisage la photographie comme l’un des éléments de ses recherches artistiques. Au sein de sa dernière exposition personnelle au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (1998), il s’appropriait ainsi différents supports (installation, dessin…) pour inviter le spectateur à une expérience sensible globale. Par le biais de la photographie, l’artiste capte au gré de ses pérégrinations de petits événements, des gestes infimes - fragments de réalité qui sont autant d’énigmes fragiles et discrètes. La galerie Marian Goodman exposera Gabriel Orozco en septembre 1998 à New York.
Gabriel Orozco
(Galerie Marian Goodman, New York/Paris, Galerie Chantal Crousel, Paris)

Parmi les autres jeunes artistes à Paris Photo, citons Nigel Shafran (The Photographers’ Gallery) et Elaine Constantine (Galerie 213, Marion de Beaupré), qui appartiennent au mouvement de la photographie de mode britannique ; Natacha Lesueur (Galerie Françoise Knabe, Francfort), qui met en scène ses modèles en utilisant l’aliment comme seconde peau, dans un rapport plus ironique au vêtement. Autre travail sur l’apparence et, cette fois, le travestissement, celui de l’italienne Giulia Caira (LipanjePuntin, Trieste), qui tout en prenant ses distances avec Cindy Sherman, expérimente un nouveau territoire de la représentation de soi.
Mais aussi : les images mystiques de John Metoyer et les clichés délicats de Walter Nelson, qui combinent au tirage au platine l’utilisation de feuilles de papier velouté (Photography : the Platinum Gallery) ; le russe Oleg Kulik (Galerie Rabouan Moussion), les hollandais Hans Wilschut (Flatland) et Phoebe Maas (Pennings), les espagnols Mabel Palacin, lauréate du Prix Paris Photo 97 (Claude Samuel, Helga de Alvear) et Maria Bleda et Jose Maria Rosa (Galeria Visor)...
Oleg Kulik (Galerie Rabouan Moussion)
La photographie française contemporaine est présente quant à elle dans sa diversité auprès des galeries Anton Weller (Laura Lamiel, Xavier Point), Catherine Issert (Hugues Reip), Marion Meyer (Véronique Bourgoin), ou encore le Réverbère II, RE, les Filles du Calvaire.
Florence Chevalier (les Filles du Calvaire)

Seul salon européen consacré exclusivement à la photographie, Paris Photo accueille des artistes, galeries et éditeurs pour lesquels la photographie incarne un champs de dialogue avec d’autres formes artistiques (dessin, peinture, écriture).
Martin Parr (Galerie du Jour Agnès b.)
Paris Photo est heureux d’accueillir des galeries d’art ayant un intérêt particulier pour la photographie. Ainsi la Galerie du Jour agnès b., qui défend depuis 1984 à Paris le travail d’une vingtaine de jeunes peintres et photographes tout en inventant de nouvelles façons de mettre les œuvres et les images à la portée de tous (esquisses, pochoirs, sérigraphies, éditions, etc.). Agnès b. présente le travail de trois artistes de la galerie : Louis Jammes, Lucien Hervé et Martin Parr, qui propose dans sa dernière série la vision d’un Japon à rebours des clichés : endormis dans une rame de métro, des Japonais (Japanese Commuters) abandonnés et sereins jusqu’à en devenir inquiétants.

Livre d’art ou livre d’artiste : ces objets de collections ne possèdent pas toujours auprès du grand public la reconnaissance qui leur est due. Auprès d’un grand libraire spécialiste de la photographie - La chambre claire - cinq éditeurs et libraires proposent des livres de collection illustrés par de grands photographes : Antiquariaat L. van Paddenburgh (Pays Bas), Filigranes Editions, Temps de Pose et Florence Loewy (Paris), qui consacre son stand au thème "cinéma et photographie". Présenté par Coromandel Express, Citizen Sidel, texte de Jérôme Charyn illustré de six photographies inédites de New York (1996) par William Klein. Véritable œuvre à quatre mains, cet ouvrage édité à 80 exemplaires - seul livre illustré de bibliophilie jamais réalisé par William Klein - marque le retour de l’artiste sur un terrain mythique : New York, qu’il n’avait pas photographié depuis plusieurs décennies.

From my window, 1950
Josef Sudek Galerie Faber Fine Arts (Vienne)
Enfin, parmi les artistes qui associent photographie et autres disciplines artistiques, Jan Saudek, exposé par la Galerie Krisal (Genève) et la Galerie Faber Fine Arts (Vienne), spécialiste de la photographie tchèque et autrichienne (Josef Sudek, Emile Mayer). C’est dans sa cave-chambre-atelier que le photographe tchèque le plus important de sa génération réalise des images de corps nus expressionnistes, érotiques et baroques - clichés noirs et blancs qu’il colorie ensuite par endroits à la main.

"Regards construits : photographie et architecture" : le thème de Paris Photo 98 - loin de tout exercice imposé - évoque notamment l’idée d’une architecture sujet de l’image, et celle du regard qui, soumettant la technique, met en scène la photographie.
Architectures métalliques modernistes, vues décentrées de ponts, pylônes, roues et poutrelles : Germaine Krull (Galerie 1900/2000, Paris) est considérée comme la principale représentante en France de la Nouvelle Vision allemande diffusée par le Bauhaus. Apologies de la ville, ces images côtoieront un autre artiste d’origine allemande (Peter Wolff) ainsi qu’un choix de photographies de Dora Maar, datant de 1932-35. Une exposition qui rejoint l’actualité, puisque la succession Dora Maar donnera lieu à une exposition chez Phillips, commissaires-priseurs (New York), avant la mise en vente à Paris en octobre prochain.

Georges Rousse (Galerie Durand-Dessert)
Une nouvelle série de Roland Fischer sur le stand de la Galerie Sollertis (Toulouse, France) où l’artiste, en photographiant un fragment de bâtiment, retrouve la vision d’un tableau proche de l’abstraction la plus formelle. Autre proposition de Roland Fischer, "monumentale" au sens littéral : une série de photographies de plus de deux mètres sur trois (Beida-Students, 1997-98), où se trouvent rassemblés les portraits frontaux de 460 étudiants chinois de l’Université de Beida, communément considérée en Chine comme l’équivalent de la Sorbonne.

Aux côtés de William Wegman, la Galerie Durand-Dessert expose les œuvres récentes de Georges Rousse. Jusqu’à maintenant, l’artiste investissait des lieux abandonnés dans lesquels il intervenait en peinture, la photographie demeurant comme seul témoignage de ces travaux. Depuis un an, Georges Rousse modifie la perception de l’espace à partir d’une architecture qu’il fabrique lui-même : une sculpture-architecture, dans la lignée du "Merzbau" de Schwitters, se trouve intégrée à l’architecture du lieu. Une intervention qui confronte plus directement espace et spectateur. Dans la même galerie, un "regard construit" qui découpe, cette fois, le corps dans l’espace : Patrick Tosani présente ses derniers corps vus de dessous (série CDD), images autonomes et presqolue abstraites d’une topographie changeante du corps, fragmenté et densifié par le stratagème du point de vue.

Et aussi…
Howard Gilman, lui-même photographe, à la Galerie Brownstone-Corréard et Cie (Paris).

La galerie Yvon Lambert (Paris) qui présentera - entre autres artistes - David Armstrong, Bernard Faucon, Nan Goldin, Louise Lawler, Sharon Lockhart, Andres Serrano, David Shrigley.

Le photojournalisme, avec une exposition didactique de 80 épreuves proposée par Archivio Franco Pinna (Italie).

La photographie hongroise et la photographie russe ancienne, moderne et contemporaine auprès de deux spécialistes renommés : Csaba Morocz (Paris) et Carré Noir (Paris).

Et proposée parThaddaeus Ropac (Paris), une exposition personnelle surprise...